Le plan hydrogène du gouvernement a éveillé l’intérêt de nombreuses collectivités pour le « H2 », avec plus d’une centaine de projets lancés en France. Des initiatives centrées autour de la mobilité avec comme principal objectif de verdir la « mobilité lourde » : bus, bennes à ordures, camions, trains et transports maritimes (lire SCM N°38). « Mais il n’y a pas que la mobilité comme champ d’application de l’hydrogène », martèle Anthony Vernizeau, responsable des ventes chez EODev. « Il y a aussi les groupes électrogènes, qui possèdent de nombreux cas d’usages dans les territoires et dont il existe aujourd’hui une alternative écologique ».
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Le GEH2 intègre un écran indiquant la niveau de H2, ainsi qu'une interface web pour un suivi à distance via une connexion 4G. |
C’est pour promouvoir ce type de solution que cette PME de Saint-Malo, dont l’un des actionnaires est le géant nippon Toyota, est présente sur la Salon des Maires (16-18 novembre à Paris). « C’est la première fois que nous participons à cet évènement. La raison est que nous voulons sensibiliser les collectivités sur la pertinence de déployer des groupes électro-hydrogène dans les territoires, afin qu’ils en fassent la promotion auprès de leurs partenaires». Selon EODev, les générateurs électriques sont aujourd’hui largement présents dans les collectivités. Ces équipements possèdent deux principaux usages : l’alimentation de secours (hôpitaux, bâtiments, data centers …) et la production d’énergie autonome, là où il n’y a pas de réseau électrique ou qu’il n’est pas adapté (chantiers BTP, évènementiel, zones portuaires, alimentation d’antennes de téléphonie mobile …).
Pas d’émissions de CO2
« Pour tous ces usages, il est aujourd’hui possible d’utiliser un générateur H2 qui n’émettra pas de CO2 ni de particules fines, contrairement aux équipements thermiques, mais juste de l’eau et de la chaleur ». La solution d’EODev, baptisée « GEH2 », est également beaucoup plus silencieuse que les groupes électrogènes classiques, souligne la PME.
Durant le Salon des Maires, EODev a rencontré plus d’une dizaine de collectivités. Leur intérêt s’est porté sur la dimension écologique de l’équipement, assure la PME, mais aussi sur sa disponibilité. « Ce n’est pas un prototype. Nous sommes en phase d’industrialisation. Dix-huit unités sont déjà vendues et en cours de production. En avril prochain, nous allons en produire 20 pas mois, soit 160 sur l’année 2022 ». Les deux premiers clients de la PME sont GL events, leader français de l’évènementiel et Loxam, numéro un européen de la location de matériel. « Un port dans le sud de la France et un acteur du secteur des data center, vont également prochainement déployer notre GEH2 », confie Anthony Vernizeau.
Le principal frein à l’adoption de cette technologie reste sont prix, de l’ordre de 30% de plus qu’un groupe électrogène classique. Quant à l’alimentation en H2, elle coûte encore trois fois plus cher que le diesel. « Mais la bascule entre le coût du H2 et celui du diesel devrait se faire à l’horizon 2024/2025. Il s’agit donc juste d’un surcout ponctuel », assure Anthony Vernizeau.